« Ce qui m’intéresse, c’est de rassembler »

Porsche en France – Interview : Présidente d’un Club pendant 23 ans, Dominique Desbordes a été élue à la tête de la Fédération des Clubs Porsche de France fin 2019. Un début de mandat perturbé par la crise sanitaire, qui n’a entamé ni sa passion, ni son engagement.

   

Comment est née votre passion pour Porsche ?

Ayant deux frères et deux sœurs, j’ai toujours autant joué aux voitures qu’à la poupée. J’ai l’impression que la passion, je dirais même la fascination pour Porsche, était en moi aussi loin que remontent mes souvenirs. Petite, je voulais être pilote et je rêvais de deux voitures : une monoplace pour la compétition et une 911 pour les loisirs. 

Avez-vous poursuivi votre rêve ?

Bien sûr ! Tout a commencé quand j’étais étudiante, lors d’un salon de la compétition automobile à Orléans, dont je suis originaire. Je me suis arrêtée devant un stand de commissaires de course. C’est une fonction bénévole, à la fois difficile et rigoureuse. Je me suis engagée car j’y voyais un moyen d’intégrer le monde de la compétition. Plus tard, je me suis offert un volant Elf pour tenter de remporter la saison de championnat de France en Formule Renault et j’ai même passé un CAP de mécanique automobile. J’ai ensuite courudans la Coupe de France des Circuits sur Formule Ford et en Trophée Kent, le championnat monotype. 

Quand avez-vous conduit votre première Porsche ?

La première Porsche que j’ai conduite est celle que j’ai achetée ! C’était une 944 d’occasion. Même si j’étais fascinée par la 911, je suis tout de suite tombée sous le charme de cette « moteur avant ». C’était ma seule voiture et à l’époque, j’étais responsable d’un service achats qui imposait beaucoup de déplacements. Je faisais tout avec, jusqu’à 40 000 km par an !

Quand et pourquoi avez-vous intégré un Club Porsche ?

Après la 944, j’ai acheté une 3.2 au Centre Porsche Orléans. Je me suis alors renseignée sur l’existence de Clubs Porsche, car j’avais envie de partager ma passion. J’ai alors appris qu’un projet de création était en cours. Plus tard, j’ai reçu un courrier indiquant qu’un déjeuner était organisé pour discuter de cette création. À la fin du déjeuner, la question de la formation du bureau a été posée et j’ai levé la main… Deux semaines plus tard, j’étais élue présidente ! Je suis restée 23 ans à ce poste sans forcément le vouloir. J’ai même réduit la durée des mandats pour faciliter les renouvellements… sans succès !

Comment se sont passées ces 23 années ?

Quand nous avons créé le Club Porsche Passion Centre, nous n’y connaissions pas grand-chose. Nous ne savions même pas que le nom Porsche était protégé ! Un jour, à Magny-Cours, quelqu’un de Christophorus - magazine que je ne connaissais pas - est venu m’interviewer. Cela m’a valu un coup de téléphone de Philippe Aunay, alors président du Club Porsche de France, m’expliquant qu’il n’était pas normal que la présidente d’un Club indépendant apparaisse dans la revue officielle Porsche. Il a vite compris que j’étais de bonne foi… et m’a conviée à une réunion consacrée à l’intégration de certains Clubs. C’est ainsi que nous sommes devenus un Club officiel, sous le nom Club Porsche région Centre : avoir la reconnaissance de Porsche, c’était vraiment génial. Notre Club s’est construit petit à petit et ma vision a évolué. L’époque a beaucoup changé par rapport au début des années 2000 : il y avait plus d'insouciance.

Qu’est-ce qui a motivé votre candidature à la Fédération ?

L’idée de postuler à la Fédération m’avait effleurée il y a quelques années. J’ai toujours aimé rassembler pour partager ma passion mais j’avais peur de perdre le lien avec les membres, j’ai donc hésité à me lancer. Puis, je me suis dit que si j’avais été la première présidente d’un Club, je pouvais peut-être prouver qu’une femme avait également sa place à la présidence de la Fédération. Je savais que j’aurais, par définition, des idées et une façon de faire différentes de mes prédécesseurs et que cela pouvait apporter quelque chose de nouveau.

Relation de confiance :

Relation de confiance :

En dépit du contexte sanitaire, la présidente de la Fédération compte bien construire une relation franche et constructive avec les présidents de Clubs et Porsche France.

Quelle est votre vision des choses ?

Lorsque je parle de la Fédération des Clubs Porsche de France, j’aime bien dire « les Clubs et leur Fédération ». Selon moi, sans Clubs, il n’y a pas de Fédération. Je suis respectueuse de ça. Je sais aussi d’expérience ce qu’implique la présidence d’un Club, l’engagement que cela demande. Cela me donne de la légitimité. 

Quelles sont les relations de la Fédération avec les Clubs ?

La Fédération rassemble 5400 membres répartis dans 29 Clubs, dirigés par 29 présidents. Cette diversité fait la qualité et la richesse des échanges. Je suis très ouverte aux suggestions comme à la critique, et je sais recadrer si je sens que la motivation n’est pas constructive. 

Et les relations avec Porsche France ?

Nous travaillons très bien avec Porsche France. J’aime la transparence et les choses claires, et je suis contente d’avoir des interlocuteurs avec lesquels il est possible de discuter de tous les sujets. La marque apporte un soutien financier qui nous aide à faire fonctionner la Fédération (fonctionnement spécifique à la France qui contribue en partie au financement d’un poste permanent au sein de la Fédération, ndlr) mais également des soutiens plus ciblés sur des événements. Il est indispensable que la Fédération, et donc sa présidente, aient la confiance de la marque.

Quelle est votre feuille de route ?

D’abord, il faut apporter tout le soutien possible aux Clubs dans cette période compliquée. Ensuite, l’enjeu sera de les aider à se développer en attirant de nouveaux membres. La féminisation des Clubs me tient à cœur et c’était déjà un sujet avant mon arrivée. Je ne suis pas « féministe » et je ne crois pas aux quotas, mais faciliter l’accès aux femmes demande de faire évoluer les mentalités. Il faut aussi que nous puissions accueillir des membres plus jeunes. Bien sûr, une question de moyens se pose mais il y a des solutions comme intégrer les jeunes via leurs parents.

SUV, électrique, la clientèle Porsche évolue avec la marque. Comment intégrez-vous ces changements ?

Ce qui m’intéresse, c’est de rassembler les gens. Il y a une partie de la clientèle des SUV et du Taycan qui vient pour la marque et pas seulement parce que ce sont des véhicules à la mode. Ces clients ont leur place dans les Clubs, sans qu’il y ait pour autant de section dédiée. Je suis contre les phénomènes de clans. Un Club doit savoir unir quels que soient l’âge, le sexe ou le niveau social. C’est la passion qui nous fédère.

Quels sont les plus grands défis qui vous attendent ?

Le premier est d’arriver à construire quelque chose d’humain dans ce contexte. J’étais partie pour rencontrer tous les présidents de Clubs, qu’ils soient dédiés aux Classic, aux modernes, aux registres ou au motorsport : chaque Club est important pour moi. Malheureusement, ce n’est pas avec des mails ou des visioconférences que l’on crée de vrais contacts. Un autre défi se pose : la montée de la violence dans la société, qui peut s’exprimer sous forme d’agressivité envers les possesseurs de belles voitures. Il est primordial que les membres n’aient pas peur de sortir leur Porsche. Enfin, je crois que nous sommes arrivés à un virage technologique avec l’électrique. Porsche est un pionnier de cette technologie mais pourrons-nous encore rouler avec nos moteurs thermiques dans quelques années ? Je pense que oui mais il faudra que nous nous mobilisions pour défendre notre passion. 

Mathieu Chevalier
Mathieu Chevalier
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